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LES POLONAIS DU CENTRE EN NORMANDIE PAGE 2

LES CEREMONIES à CHAMBOIS

La dernière opération militaire de la Bataille de Normandie,en 1944,c’est déroulée du 12 au 21 août dans ce que l’on nomme: »la poche de Falaise » parfois « poche de Chambois Mont Ormel »,la zone située entre Trun,Argentan,Vimoutiers et Chambois.

LE DERNIER ACTE DE LA BATAILLE DE NORMANDIE :
LE « CHAUDRON » DE CHAMBOIS  

Juillet 1944 : La situation sur le front de Normandie

Début juillet, les positions allemandes en Normandie sont encore tenues solidement. Les Alliés doivent songer à une nouvelle offensive afin de faire céder le front allemand. Malgré la dislocation des ports artificiels de Saint-Laurent et Arromanches, les Alliés réussissent en 7 semaines à débarquer 36 divisions, plus un grand nombre d’unités de support et d’appui, aériennes et terrestres soit, 1 566 000 hommes, 332 000 véhicules et 1 500 000 tonnes de matériel et munitions.

Le 25 juillet 1944, les Alliés décident d’engager l’opération Cobra. Cette opération, menée par le Général américain Patton, a pour objectif d’atteindre Avranches en longeant la côte afin d’ouvrir le front sur l’ouest pour libérer la Bretagne, contournant ainsi par le sud les troupes allemandes et préparant la prise en tenaille dans la poche de Falaise.

L’offensive est un succès. La 4e division blindée U.S. pousse audacieusement dans le trou ouvert à Coutances ; le 30 juillet au soir elle atteint Avranches, à 50 Km plus au sud ; elle réussit à se saisir du pont de Pontaubault qui ouvre la route de Bretagne et de la Loire de Nantes. Toutes les lignes de communication allemandes sont menacées. La 5th Armored Division reçoit l’appoint de la 2e division blindée du général Leclerc, qui entre à Alençon, base arrière de la 7. Armée allemande. Les divisions alliées continuent vers le nord, jusqu’aux abords d’Argentan, où elles sont arrêtées sur ordre de Bradley : les Américains doivent y attendre Montgomery. Celui-ci, venu de Caen progresse plus lentement en repoussant devant lui le gros des forces de la VII° Armée. En retenant de ce fait la plus grande partie des blindés allemands soit six divisions il a facilité l’avancée rapide des Américains par le sud. Patton est autorisé à redresser sa marche vers l’est, en direction de la Seine et de Paris. L’armée canadienne renforcée par la 1ere DB polonaise, est chargée de percer vers Falaise par le flanc, sur les arrières de la VIIè armée allemande aux prises avec les unités américaines. Le piège se referme lentement, mais sûrement.

Coté allemand, le général von Kluge, essaie pendant plusieurs jours d’obtenir d’Hitler une autorisation de repli général en deçà de l’Orne, puis de la Dives. Lorsqu’il finira par l’obtenir, ce sera trop tard : la poche de Falaise est déjà presque fermée.

Les Allemands avaient été surpris par la Percée d’Avranches. Hitler ordonne alors d’engager une contre-offensive dont l’objectif est de couper de ses arrières la 3ème Armée Américaine nouvellement constituée et qui est entrée en Bretagne. L’offensive a lieu à Mortain. Le 7 août à l’aube, la 47e Panzerkorps qui réunit tous les blindés que von Kluge a pu rassembler attaque. La 2e S.S. Panzerdivision reprend Mortain mais ne va guère au-delà : Les chars manquent d’infanterie pour tenir le terrain. Le recul s’impose et Mortain est repris par les Américains. La libération de la Bretagne s’annonçant alors beaucoup plus rapide que prévue, Bradley et Eisenhower décident de ne plus la considérer comme objectif prioritaire. Ils donnent ordre au gros de la 3rd Army de Patton d’envelopper par le sud les forces allemandes en Normandie, Montgommery continuant son offensive en venant du nord.

Dès le 5 août, Bradley, avait été alerté des préparatifs de von Kluge sur le front nord en vue d’attaquer Mortain. Il fait part à Eisenhower des dangers pesant sur les arrières de Patton et sur les difficultés de ravitaillement en carburant et munitions des 4 corps aventurés au-delà d’Avranches pour déborder les armées allemandes. Le 8 août Eisenhower lui prescrit de poursuivre les mouvements sans souci; il s’engage à ravitailler Patton par air si les forces allemandes réussissaient à couper le cordon ombilical de la 111e armée à Avranches. Dès lors, le sort des VIe et VIIe armées allemandes est scellé. Le dénouement se fera dans une mêlée qui va durer 12 jours.

La poche de Falaise

L’opération « Totalise » commence le 5 août. Mais le bombardement qui la précède est trop court. Les positions de défense en profondeur des Allemands restent intactes. La progression des blindés polonais et canadiens, chargée de la percée, est lente, difficile et très coûteuse en chars. 60 sont détruits en 3 jours avec 656 soldats tués ou blessés. Le 9 août, la division n’a progressé que de quelques kilomètres. Malgré le succès des chasseurs de Podhale à St Sylvain et celui du 9ème bataillon à Soignolles, rien n’est encore joué. Polonais et Canadiens se heurtent à plusieurs divisions dont la 12ème blindée SS Hitler Jugend, l’une des plus fanatiques. C’est pendant ces combats acharnés que le spécialiste des blindés allemands, le capitaine Wittmann, chef du 101è bataillon de chars, trouve la mort prés de Saint-Aignan-de-Cramesnil.

L’ouverture vers l’est de la poche dans laquelle sont enfermés les VIe et VIIe armées allemandes n’est plus que de 20 km. La poche elle-même se rétrécit tous les jours sous les attaques des divisions américaines, canadiennes et britanniques et sous les bombardements aériens incessants. Mais la résistance des divisions allemandes est admirable : soldats et chefs font preuve d’un courage qui mériterait un meilleur sort. Le 14 août, le repli amorcé par la VIIè armée allemande crée la possibilité de lui couper la retraite. Le corridor est refermé le 19 juillet par la jonction à Trun et Chambois des Canadiens et Polonais venus de Falaise et des Américains et des Français du 15e corps venus du sud. . La 1ère DB polonaise est chargée de tenir le « bouchon » qui empêchera les allemands de sortir du piège.

La 1ère DB polonaise

La 1ère Division Blindée Polonaise avait été créée le 17 février 1942. Lors de la Bataille de Normandie elle est composée, d’un régiment de reconnaissance: le 10ème chasseur à cheval sur char Cromwell, de la 10ème brigade de cavalerie blindée sur Sherman avec les 1er et 2ème régiments, le 24ème régiment de lanciers, le 10ème régiment de dragons., de la 3ème brigade de chasseurs comprenant le 1er bataillon de chasseurs de Podhale, le 8ème et 9ème bataillon de chasseurs et un escadron indépendant de mitrailleuses, de l’artillerie divisionnaire avec les 1er et 2ème régiment d’artillerie motorisée, du 1er régiment d’artillerie anti-char, du 1er régiment d’artillerie anti-aérienne, d’un corps de génie avec la compagnie de sapeurs de commandement, les 10ème et 11ème compagnies de sapeurs, une compagnie de parc, un escadron de circulation et deux compagnies d’atelier, de deux compagnies sanitaires, d’un escadron de chars de réserve et d’un escadron de gendarmerie. Au total 855 officiers, 15 210 hommes de troupes, 381 chars, 473 canons et 4050 véhicules divers.

Elle est incorporée dans le XXIè groupe d’armées de débarquement, mais ne participe pas au débarquement. Elle passe en France le 1er août. Elle est incorporée au coté de la 4ème DB canadienne en 1943 dans le IIème corps d’armée canadien commandé par le général
de brigade G.G. Simonds, de la 1ère Armée canadienne du général H.D.G. Crerar.

Le dernier acte : le chaudron de Chambois

Le 17 août, le 10ème régiment polonais de chasseurs à cheval atteint les cotes 159 et 259 et se trouve à 1,5 Km de Trun où il est accroché par une colonne blindée allemande. La ville de Trun est un passage important mais ce sont les Canadiens qui l’occuperont car le lendemain, un ordre prioritaire du Maréchal Montgomery envoi les Polonais vers Chambois. Le Général Maczek met alors sur pied une force d’attaque composée du 2ème régiment Blindé, du 8ème bataillon de chasseurs, et d’un groupe anti-chars et commandée par le lieutenant-colonel Koszutski. Ce détachement est guidé par un civil qui se trompe et envoie les Polonais à Champeaux au lieu de Chambois. Ceux-ci sèment alors la pagaille dans la 2ème DB allemande, la même qu’ils avaient combattue en 39 à Wysoka, Naprawa, et Myslewice. Cependant, la ville de Chambois n’est toujours pas prise. Après de très durs combats, le lieutenant-colonel Zgorzelski du 24è lancier et le 10è régiment de dragons avec un groupe anti-char prennent définitivement la ville. La jonction se fera avec un bataillon du 359è régiment d’infanterie américaine. Un peu plus loin, la cote 262 est occupée par le 1er régiment blindé du lieutenant-colonel Stefanewicz ainsi que par les chasseurs de Podhale. La poche de Falaise est fermée. Reste à la maintenir fermée.

Les Allemands doivent passer au pied de ces collines par un couloir de quelques kilomètres. Les Polonais, seuls, complètement isolés, sont attaqués sans interruption pendant trois jours par l’armée allemande, la destruction de la division polonaise étant une question de vie ou de mort pour ces dizaines de milliers d’allemands. Les allemands de la 2e et 9e S.S. Panzerdivisions évacués de la poche le 17 août et qui avaient réussi à sortir du « chaudron » reviennent sur leur pas pour aider leurs camarades. Ils prennent la division polonaise à revers. Tous les Allemands qui peuvent encore tenir un fusil vont monter à l’assaut des deux pitons par les quatre points cardinaux. Le général Langnade de la 2ème DB française décide de se porter au secours des Polonais mais un ordre de l’Etat major américain l’envoie appuyer Leclerc qui fonce sur Paris pour libérer la capitale française.

Le 20 août sera la journée la plus critique. Les pertes sont énormes. Le ravitaillement est devenu impossible. Mais les polonais vont tenir. Le dernier passage large d’à peine un kilomètre, « le Couloir de la Mort », au Mont-Ormel, entre Trun et Chambois, est fermé le dimanche 20 août à 17 heures. Le massacre sera horrible Les allemands laissent plus de 10.000 morts dans ces derniers kilomètres carrés ainsi que 187 chars et canons automobiles, 157 voitures blindées légères, 1778 camions, 669 voitures et 252 pièces d’artilleries. 40.000 soldats allemands sont faits prisonniers.

Les divisions qui ont pu s’échapper sont cependant réduites à l’extrême. Elles n’ont plus aucun matériel lourd. Les 10 panzerdivisionen qui ont combattu en Normandie n’alignent même plus 100 chars. Ce haut fait d’armes polonais scelle le sort de la 7ème Armée allemande et clôt victorieusement la Bataille de Normandie.

Après deux mois de combats,le sort du débarquement allié se joue sur trois jours au cours desquels la 1e Division Blindée du Général Maczek résiste  vaillamment et assure la fermeture de l’encerclement des  7e et  5e armées allemandes avec la 90e Dl américaine (442e RCT de volontaires américains d’origine japonaise).La rédition a lieu sur cette place de Chambois au pied du donjon rectangulaire typique de l’architecture médiévale anglo-normande du 12e s.

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Le samedi 23 août 2008, au début de l’après-midi,une masse de représentants des Associations d’Anciens Combattants de France attendent l’arrivée des « Polonais ».Le Consul Général de Pologne à Paris se place au milieu de la délégation des militaires de Pologne pour s’avancer jusqu’au monument.On joue cinq hymnes nationaux:USA,Angleterre,Canada,France et Pologne

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Après le dépôt des gerbes,le Consul Général de Pologne se place auprès de DEIMEL WITOLD,le président mondial des Anciens de la 1eD.BL. Nous nous plaçons dans le cortège après avoir regardé la cérémonie du haut de la place plus près du monument d’où nous remarquons l’attitude digne de la population de Chambois autour de Madame la Maire.A Chambois toutes les rues sont pavoisées notamment de rouge et de blanc.

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A Chambois,la fête de la Libération est aussi celle des Polonais ;les gens de Chambois se mêlent au cortège et nous sommes assez impressionnés de l’importance de l’événement.

photographies:Dupont Jean-Luc,Kozlowski Alexandre

 

2 réflexions au sujet de “LES POLONAIS DU CENTRE EN NORMANDIE PAGE 2”

  1. et a quelques pas de cette place il y a un petit monument lieu ou les américains et polonais on fais leur jonction je vous le montrerai l’année prochaine si vous le désirez
    MR THOBOIS

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  2. Je m’appelle Simone GAVILLET, je suis architecte et j’ai fondé le monument du mémorial COUDEHARD en 1964. Je vous prie de bien vouloir m’aider à me faire connaître par le biais des sites internet et des forums. Je veux être reconnu pour ma fondation de ce monument par tout les sites internet Je recherche actuellement des photos et des articles concernant ce monument, et tout particulièrement la photo qui me tient à cœur est celle qui a été prise dans l’atelier de Chambois de l’artisan GONDOUIN, ou je suis avec lui devant une assez belle photo de la ferraille du motif central avant la peinture. MERCI S.G

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